Les deux prochains rendez-vous de la SITP à ne pas manquer en 2020



Trouvez ici toutes les informations
sur le Congrès 2020 :
les procédures pour soumettre une communication et pour vous inscrire aisément !




Trouvez ici toutes les informations
sur le Colloque étudiant 2020 : 
les procédures pour soumettre une communication et pour vous inscrire aisément !



 
COMPTE RENDU ET PERSPECTIVES DU COLLOQUE REGIONAL AFRIQUE SITP 10-13 juillet 2019:    

Félix Ulabilako Jakwawu   


Un an après le Congrès de la Société Internationale Œcuménique de Théologie Pratique qui eut lieu à Fribourg en Suisse du 30 mai au 03 juin 2018, venait de se dérouler à Yaoundé au Cameroun un Colloque Régional Afrique de la SITP du 10 au 13 juillet 2019, ayant pour thème « Église et bien-être partagé en Afrique ». Les assises du présent Colloque eurent lieu au quartier Etoa-Meki, dans l’enceinte de la Maison Provinciale des Pères Spiritains (la CASBA).

[Les trois axes du colloque] :

-       L’axe socio-économique (réservé aux spécialistes des sciences sociales) : quelle est la situation socio-économique actuelle des pays d’Afrique ? Quels sont les critères et les exigences du développement des pays d’Afrique ? Quel est le poids sociologique des Églises et quel est leur impact sur les populations d’Afrique ?

-       L’axe pratique : quelles sont les initiatives déjà engagées par les Églises d’Afrique ou d’ailleurs pour le développement ou le bien-être commun et quelle évaluation pourrait-on en faire ? Quelles pratiques d’Églises pour quelle société en vue du bien-être partagé ? Comment est-ce que les Églises d’Afrique pourraient-elles influencer les gouvernants et les autres acteurs de la société pour rendre concret le bien-être partagé ?

-     L’axe fondamental : quel est le rapport de l’Église au bien-être d’une nation ? Que peuvent apporter les théologiens d’Afrique au bien-être de l’Afrique ? Quels sont les référents théologiques et bibliques d’une réflexion sur la question ?

Les questions proposées par les différents intervenants et qui ont servi à la réflexion et aux échanges dans les différents ateliers pendant les quatre jours du colloque :

-     Le développement d’un être humain, d’une société, peut-il se décréter de l’extérieur ?

-       Être développé est-il nécessairement la condition sine qua none pour le bien-être ?

-    Quelles sont les ressources dont dispose l’Église en Afrique pour un développement autre ? Cet autre développement autre est-il possible ?

-   Quelles sont les possibilités pour les sociétés africaines de promotion de bien-être partagé ?

-    Comment situer théologiquement la dépendance économique des Églises d’Afrique à l’égard des fidèles ?

-     Quelles peuvent être des actions justes et prophétiques de la part de l’Église en face d’un régime dictatorial qui affame et opprime le peuple, pille les ressources ou richesses du pays, tout en voulant s’éterniser au pouvoir ?

-        Qu’est-ce qui fait du capital social qu’il soit chrétien ? 

-   Dans ce qui a été proposé comme pistes pour veiller au bien-être des agents pastoraux, y a-t-il une qui vous paraît pertinente dans votre contexte ?

-      Identifier des dynamiques hospitalières dans nos communautés.

   

-       Qu’est-ce que l’Amérique du Nord doit savoir sur les pratiques religieuses et la foi des africains qui y immigrent afin d’améliorer le vivre ensemble dans l’Église ?

-    La vision d’un initiateur d’un projet de développement peut-elle être partagée par tous les fidèles ? Pourquoi ?

-       Êtes-vous d’accord avec Jean Marc Ela lorsqu’il nous demande à nous africains à avoir une nouvelle approche de l’argent, du temps, du travail, de la production et de l’échange ? Si oui, quelle pourrait être cette approche selon vous ?

-    Quelles leçons tirer des pratiques d’Églises dans la quête de la promotion du bien-être partagé en Afrique ?

Conclusion : perspectives et prospective.

En gros, on pourrait dire sans risque de se tromper que les différentes interventions du présent Colloque, en dépit de la diversité de leurs approches et de leurs angles de vue, portèrent sur « le bien-être vécu et partagé en Afrique ». Il en est résulté, de l’avis de presque tous, que le bien-être ne se réduit pas à l’acquisition des biens matériels. Il doit par ailleurs privilégier la part et la place de l’homme. C’est dire autrement que le bien-être doit aussi prendre en ligne de compte tous les autres aspects de la vie humaine (la paix avec Dieu, avec les autres, avec la nature et avec soi-même).   

La mise en commun du dernier jour, le samedi matin, a donné aux trois groupes de travail le temps de partager le fruit de leurs réflexions. Nous pouvons en retenir quelques points saillants, autour des pratiques à développer et des principes à adopter par les Églises d’Afrique pour la promotion d’un bien-être partagé.

-   Favoriser tout ce qui va contribuer à développer la diaconie, la solidarité, l’entraide au sein des communautés, la pratique de la charité, la dignité de la personne humaine. En d’autres termes, sans négliger la dimension spirituelle du « bien-être » partagé, se préoccuper de sa dimension matérielle ;

-  Cette orientation est à déployer dans toutes les dimensions de la pastorale : il s’agit de développer une catéchèse, une prédication qui réponde à cette orientation diaconale, d’inviter à la mise en pratique de la Parole de Dieu, de le prôner par l’exemple, par la simplicité de vie. C’est dire autrement que la prédication soit traduite dans les actes ;

-  Il importe cependant de rester pragmatique et de s’appuyer sur ses ressources propres, à savoir les ressources humaines, culturelles, économiques. Dans cette même perspective pragmatique, il est essentiel de s’appuyer sur une approche empirique, selon les méthodes de la théologie pratique, pour déployer une pastorale efficace ;

-   Avoir une bonne gestion des ressources humaines – développer une culture ecclésiale où on prend soin les uns des autres s’inscrit dans la même ligne ;

-  L’expérience œcuménique du colloque invite à poursuivre des collaborations interconfessionnelles dans la réflexion mais également pour répondre sur le terrain aux défis bien concrets de la promotion du bien-être partagé.

 


Image
 
 
 
 
Un commentaire du Congrès de la SITP à Fribourg, 30 mai au 5 juin 2018
« Tout, tout de suite – Parole de Dieu et médiations chrétiennes dans une culture de l’immédiateté »

Ce que j’ai retiré de ces journées

Elisabeth Parmentier


Dans le cadre champêtre jouxtant la ville de Fribourg, la maison Notre-Dame de la Route a offert un environnement idéal à la réflexion et à la rencontre des théologien-ne-s pratiques de différents continents et contextes culturels.

L’organisation en réunions plénières sous forme de partages d’expérience ou de conférences et l’alternance, par demi-journées, avec trois séries de trois ateliers en parallèle paraissait au départ extrêmement dense et risquait de mener à une juxtaposition d’exposés confinés chacun dans son propre univers de pensée. Or il n’en fut rien !. J’ai été surprise de constater que malgré la diversité des présentations et de leur angle d’analyse et d’approche, il n’en a pas résulté un émiettement de la problématique, mais plutôt un renforcement constant des difficultés du sujet.

Ces approches diversifiées n’ont pas constitué simplement un jeu intellectuel, mais m’ont vraiment permis de comprendre où se situe la difficulté de la TP aujourd’hui.

Le thème, bien défini dans le sous-titre « Parole de Dieu et médiations chrétiennes dans une culture de l’immédiateté » me paraissait de l’ordre de l’évidence pour notre discipline, puisque nous sommes en permanence taraudés par la question de la meilleure manière de faire partager l’expérience d’un Dieu qui se révèle à l’humain à travers les réalités de son humanité et de sa finitude. Donc : comment le faire pressentir ?

Mais j’ai réalisé grâce à ce Congrès, que trois niveaux de profondeur se superposent, et que l’on risque de se focaliser seulement au premier alors que le temps présent réclame davantage de notre créativité et de notre théologie.

Le niveau 1 est celui que nous travaillons couramment : comment les médiations humaines transmettent quelque chose de la révélation de Dieu. Le Congrès en a exploré de nombreuses facettes classiques : les rites, la liturgie, l’espace et l’architecture, les textes bibliques, mais aussi le silence, la beauté, l’art… et la question de nouveaux lieux et types de médiation n’a pas manqué d’être abordée.

Mais précisément, ce niveau 1, encore faut-il que les contemporains s’y intéressent !

D’où la nécessité de travailler au niveau 2 : les médiations des médiations ! Quelles médiations secondes trouver pour intéresser les contemporains aux médiations chrétiennes, dans un temps où les approches ecclésiales ou même seulement teintées de christianisme sont désavouées? C’est l’enjeu actuel de la TP.

Le niveau 3 est encore plus fondamental : l’enjeu n’est pas tant le « comment » des médiations que le « pourquoi » ou plutôt le « pour quoi? » : pour quelle finalité les humains ont-ils besoin de médiations pour discerner les traces de Dieu? Beaucoup recherchent et affirment bien plutôt l’expérience immédiate et la capacité d’y accéder par soi-même. Mais dans ce cas, pourquoi faudrait-il des médiateurs?

Cette question est vitale et encore peu formulée. L’on y voit souvent une simple question d’orthodoxie ou d’orthopraxie. Bien plutôt, l’actualité montre que les médiations de la révélation de Dieu sont indispensables à l’être humain qui reconnaît ainsi qu’il n’est pas Dieu lui-même, qu’il ne maîtrise pas la révélation. Le potentiel fanatique peut être ainsi au service de l’interprétation.

Notre monde a sans doute besoin de telles ré-humanisations.

Image
Image
Image
Image

Image
Image
Image
Image

Une société au service de ses membres


La SITP est une association de caractère scientifique.
Elle a pour objet de rassembler les personnes qui, à un niveau universitaire, enseignent ou font de la recherche
en appliquant les méthodes de la théologie pratique ou en faisant l’analyse de ces méthodes.


La SITP poursuit quatre objectifs :

  • 1.
    Regrouper, sur une base interconfessionnelle chrétienne, les personnes ci-haut désignées qui ont en commun l’usage de la langue française

  • 2.
    Développer
    les relations et les échanges entre les chercheurs en théologie pratique

  • 3.
    Favoriser
    la diffusion de la recherche en théologie pratique.

  • 4.
    Organiser
    périodiquement un Congrès international.

C’est le 30 mai 1992, à Crêt-Bérard (Suisse), qu’est fondée la Société Internationale de Théologie Pratique par les universitaires participant au premier Congrès international œcuménique et francophone convoqué par Bernard Reymond de l’Institut romand de pastorale de l’Université de Lausanne.

Pour la période 2018-2020, le Conseil d’administration de la SITP est composé de :

  • Jean-Patrick Nkolo-Fanga, président
    Pasteur de l’Église presbytérienne camerounaise, enseignant en théologie pratique à la Faculté de théologie évangélique de Bangui, extension de Yaoundé, Cameroun et à l’ISPCC. Cameroun.

  • Charbel Kayrouz, secrétaire
    Membre de l’Ordre libanais maronite. Enseignant en théologie pratique et pastorale à la Faculté Pontificale de Théologie à l’USEK et à l’ULS et enseignant en pluralisme religieux et dialogue à l’USEK. Liban.

  • Olivier Bauer
    Professeur à l’Institut Lémannique de théologie pratique, Université de Lausanne. Suisse.

  • Catherine Chevalier
    Formatrice au Centre Universitaire de théologie pratique et chargée de cours invitée (UCL). Responsable du service de la formation au Vicariat du Brabant wallon. Belgique.

  • Emmanuel Kupenza
    Pasteur baptiste et doctorant à l’Université protestante au Congo – département de théologie pratique. Congo.

  • Isabelle Morel
    Maître de conférence, Théologicum, Institut catholique de Paris. Directrice adjointe de l’Institut Supérieur de Pastorale Catéchétique (ISPC). Responsable du service de formation du diocèse de Besançon. France.

  • Christophe Singer
    Maître de conférences en théologie pratique, Montpellier. Pasteur de l’Église réformée de France puis de l’Église protestante unie de France. France.

  • Yves Guérette, Organisateur du Congrès de 2020 à Québec, Canada
    Professeur et titulaire de la chaire de leadership en enseignement en éducation de la foi de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval. Canada.

    La théologie pratique

    La théologie pratique désigne une recherche contemporaine qui construit progressivement son objet en s’appuyant sur l’analyse critique des pratiques croyantes, définissant ainsi un lieu épistémologique propre : la communication du message évangélique via ses multiples expressions et version dans le monde aujourd’hui.

    « La théologie pratique fait partie intégrante de l’ensemble des domaines théologiques. Néanmoins, le fait qu’elle se situe au confluent de deux univers (la pratique et la théorie) lui donne une coloration particulière. Car saisir une pratique et en rendre compte d’une façon adéquate exige non seulement une bonne connaissance empirique du sujet, mais une solide préparation pour l’interprétation des données.

    La théologie pratique actuelle se présente sous deux modalités complémentaires : soit comme une discipline spécifique de la théologie, orientée vers le champ des pratiques religieuses dans l’Eglise et dans la société, soit comme une approche théologique globale dominée par la référence à la praxis des croyants. La caractéristique commune aux deux approches réside dans le fait d’être transdisciplinaire, c’est-à-dire en dialogue avec les autres domaines de la théologie et avec les sciences humaines ».

    G. Routhier et Marcel Viau